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Déclaration
finale de la 16ème session ordinaire du Sommet arabe
Attachement
à l'initiative arabe de paix en tant que projet arabe visant
à réaliser une paix juste, globale et durable dans la région
23/05/2004--Les
travaux de la 16e session ordinaire du Sommet arabe, tenue
à Tunis les 22 et 23 mai, sous la présidence
du Président Zine El Abidine Ben Ali, ont été
couronnés dune déclaration finale.
Dans
le préambule de cette déclaration, les dirigeants
arabes expriment leur profonde considération à
la Tunisie, à son Président, à son gouvernement
et à son peuple pour lhospitalité et la
bonne préparation de ce sommet, ce qui a largement
contribué à la réalisation de ses objectfs,
réaffirmant que le Sommet de Tunis «constitue
un nouveau départ et un tournant décisif dans
lhistoire de laction arabe commune».
Les
dirigeants et chefs des délégations arabes ont,
dans cette déclaration, rendu hommage au Président
Zine El Abidine Ben Ali pour sa compétence dans la
conduite des travaux du sommet, ce qui lui a permis daboutir
à des résultats importants.
Ils
ont, également, salué la teneur du discours
du Chef de lEtat, prononcé à louverture
du sommet, discours qui a été adopté
comme document officiel.
Sagissant
du conflit arabo-israélien, le Sommet de Tunis à
réaffirmé lattachement à linitiative
arabe de paix en tant que projet arabe visant à réaliser
une paix juste, globale et durable dans la région.
Le
sommet a chargé le comité arabe dinitiative,
au niveau ministériel, et le secrétaire général
de la Ligue des Etats arabes, dentreprendre immédiatement
une action à léchelle mondiale, en vue
de relancer cette initiative et de lui assurer le soutien
international nécessaire.
Les
dirigeants arabes ont exprimé leur rejet des positions
qui vont à lencontre de cette initiative, aux
principes de la légalité internationale et aux
références afférentes au processus de
paix, positions contenues dans léchange de lettres
entre le Premier ministre israélien et le Président
des Etats-Unis dAmérique, y compris celles qui
anticipent les résultats des négociations sur
les questions relatives au statut final.
Ils
ont, à cet égard, réaffirmé qu«aucune
partie nest habilitée à introduire un
quelconque amendement sur les références qui
fondent le processus de paix, dans lobjectif de se défier
ou de revenir sur ses engagements et sur les accords déjà
conclus».
Les dirigeants arabes ont appelé le Président
américain à se conformer à sa vision
concernant lédification dun Etat palestinien
viable aux côtés dIsraël. Ils ont,
à cet égard, accueilli favorablement le message
adressé au souverain jordanien, le Roi Abdallah II,
par le Président Georges W. Bush, le 6 mai, et dans
lequel le Président américain souligne limpératif
dinstaurer un Etat palestinien souverain et bénéficiant
dune unité territoriale.
Ils
ont mis laccent sur la nécessité de parvenir
à un règlement juste de la question des réfugiés
conformément à la résolution 194 de lAssemblée
générale des Nations unies, rejetant toutes
les formes dimplantation des Palestiniens dans les pays
arabes.
Les
dirigeants arabes ont rendu un vibrant hommage à la
résistance du peuple palestinien et à sa direction
nationale légitime à lagression israélienne
continue et grandissante, dénonçant le terrorisme
dEtat pratiqué par le gouvernement israélien
et sa machine de guerre et qui concerne des châtiments
collectifs, la destruction de linfrastructure, les attentats
ciblés des dirigeants palestiniens, lemprisonnement
et la détention de milliers de citoyens palestiniens.
Les
dirigeants arabes ont souligné que létat
de siège imposé au peuple palestinien et à
son Président Yasser Arafat, le président élu
et légitime du peuple palestinien, loin de servir le
processus de paix, constitue au contraire une atteinte à
ce processus.
Ils
ont décidé dagir à tous les niveaux
pour lever cet état de siège, dans le cadre
dun plan arabe, appelant le Quartette à faire
pression sur Israël en vue de lamener à
prendre les mesures pratiques et effectives à même
de permettre au Président Yasser Arafat de se déplacer
en toute liberté.
Les
dirigeants arabes ont condamné, dans leur déclaration
finale, «toutes les opérations militaires dans
les territoires palestiniens et les territoires arabes, ainsi
que les opérations ciblant les civils sans distinction,
et celles visant les dirigeants palestiniens, opérations
qui ne font que nourrir davantage la violence».
Ils
ont réaffirmé que le retrait israélien
des territoires palestiniens occupés doit être
total et effectif, mettant un terme à loccupation,
et quil doit être réalisé sous contrôle
international et en coordination avec lAutorité
nationale palestinienne.
Les
dirigeants arabes ont également mis laccent sur
lengagement des pays arabes à soutenir davantage
lAutorité palestinienne afin quelle puisse
supporter les charges de cette étape cruciale, soulignant
limportance pour les pays membres de sengager
à verser leurs participations pour renflouer le budget
de lAutorité nationale palestinienne. Ils ont
décidé de prolonger de six mois, à compter
du mois davril 2004, le soutien apporté au budget
palestinien.
En
ce qui concerne la question dAl-Qods, les dirigeants
arabes ont réaffirmé larabité dAl-Qods
et lillégalité des mesures israéliennes
visant à lannexer, à la judaïser
et à en modifier la structure démographique
et géographique.
Ils
ont dénoncé la construction du mur de lapartheid
baptisé «la clôture dAl-Qods»,
qui vise à isoler ses habitants de leur environnement
naturel en Cisjordanie. Ils ont, également, dénoncé
la poursuite des fouilles archéologiques israéliennes
qui menacent les Lieux Saints.
Evoquant
la question du Golan, les dirigeants arabes ont réaffirmé
leur soutien ferme et total à la résolution
de la communauté internationale concernant la restitution
de tout le plateau occupé jusquà la ligne
du 4 juin 1967. Ils ont réitéré leur
total refus de toutes les mesures prises par les autorités
doccupation et visant à modifier la situation
juridique, naturelle et démographique du Golan occupé,
estimant que ces mesures sont nulles et non avenues et quils
constituent un crime de guerre, conformément à
la convention de Genève de 1949 ainsi quune violation
de la résolution 497 du Conseil de sécurité
de lannée 1981.
Les
dirigeants arabes ont insisté sur la nécessité
de respecter les principes et les règles du droit international
dans le règlement des conflits entre les Etats, réaffirmant
leur solidarité totale avec la Syrie face aux pressions
et aux mesures répressives prises à son encontre,
sagissant, en particulier de la loi votée par
le Congrès américain sur la Syrie.
Ils
ont également réaffirmé leur soutien
au Liban dans son conflit avec Israël, concernant le
parachèvement de la libération de ses terres
y compris les fermes de Chabaâ, ainsi que la libération
des détenus et des prisonniers et le déminage
des frontières avec Israël.
Les
dirigeants arabes ont appelé le Conseil de sécurité
à condamner les violations israéliennes contre
sa souveraineté.
Ils
ont également mis laccent sur la nécessité
pour Israël dindemniser le Liban pour les agressions
menées contre ses territoires avant, pendant et après
loccupation, insistant sur limpératif de
respecter la résolution de lAssemblée
générale des Nations unies n°194 de lannée
1948, relative au retour des réfugiés palestiniens
dans leur patrie et sur le refus de toutes formes de leur
implantation dans des pays arabes.
Sagissant
de lévolution de la situation en Irak, les dirigeants
arabes ont réaffirmé leur attachement à
lunité des territoires irakiens, au respect de
sa souveraineté et de son indépendance, ainsi
quau principe de non-ingérence dans ses affaires
intérieures, outre leur engagement à aider le
peuple irakien à faire face à toutes les tentatives
visant à semer la discorde et la désunion, et
à lui apporter tout le soutien nécessaire dans
les divers domaines politique et économique.
Les
dirigeants arabes ont, par ailleurs, appelé le Conseil
de sécurité à prendre les dispositions
nécessaires en vue de mettre fin à loccupation
et damener les forces de la coalition à se retirer
des territoires irakiens, et daider le peuple irakien
à recouvrer sa souveraineté sur son territoire,
insistant sur limpératif «de voir les Nations
unies assumer un rôle central et agissant dans lopération
politique et dans la reconstruction des institutions de lEtat».
Ils
ont, en outre, condamné «fermement les agressions
et les pratiques inhumaines et immorales perpétrées
par les soldats des forces doccupation à lencontre
des détenus irakiens dans les prisons et les camps
dinternement», appelant à traduire en justice
tous ceux qui ont commis ces crimes ou qui en sont responsables.
Les
dirigeants arabes ont également condamné le
recours excessif à la force de la part des forces doccupation,
ainsi que les attentats terroristes perpétrés
en Irak et qui ont coûté la vie à des
centaines de civils irakiens innocents.
Le
texte de la déclaration finale a comporté entre
autres une condamnation des violations flagrantes des droits
de lhomme commises par lancien régime durant
son occupation de lEtat du Koweït, des désinformations
se rapportant aux détenus, aux personnes portées
disparues et aux citoyens de pays tiers dont les cadavres
ont été découverts dans des fosses communes
en Irak, appelant à poursuivre les efforts déployés
en vue de parvenir à connaître le sort de ces
personnes. La déclaration a appuyé la traduction
en justice des membres de lancien régime ayant
commis ces crimes devant des tribunaux irakiens, conformément
à la législation irakienne, soulignant la nécessité
de ne leur accorder aucun asile.
Les
dirigeants arabes ont chargé le Bahreïn, la Tunisie,
lAlgérie et le secrétaire général
de la Ligue des Etats arabes dengager la concertation
avec les pays arabes concernés, dentreprendre
les contacts nécessaires, de suivre lévolution
de la situation en Irak et de présenter un rapport
au conseil de la Ligue dans ce sens.
Pour
ce qui est de laffaire des îles émiraties,
les dirigeants arabes ont réaffirmé leur attachement
total à la souveraineté de lEtat des Emirats
Arabes Unis sur ses trois îles, réitérant
leur soutien à toutes les initiatives pacifiques pouvant
être prises par lEtat des Emirats Arabes Unis
pour le recouvrement de sa souveraineté sur ses îles
occupées. Ils ont appelé, une nouvelle fois,
la République islamique dIran à évacuer
ces îles et à répondre favorablement aux
appels sincères visant à trouver une solution
pacifique au conflit conforme aux conventions et règles
internationales à travers le recours à la Cour
internationale de justice.
En
ce qui concerne les derniers développements de laffaire
Lockerbie, les dirigeants arabes ont salué la levée
totale de lembargo imposé à la Jamahirya
Arabe Libyenne qui a honoré tous ses engagements, conformément
à la résolution 1506 du Conseil de sécurité.
Ils
ont également pris note de la décision de la
Jamahirya de se débarrasser de ses programmes et des
équipements pouvant permettre de produire des armes
internationalement prohibées,réitérant,
dans ce contexte, leur appel à débarrasser la
région du Moyen-Orient de toutes les armes de destruction
massive, y compris lEtat dIsraël.
Sur
un autre plan, les dirigeants arabes ont réaffirmé
leur solidarité avec le Soudan et leur attachement
à son unité et à la préservation
de sa souveraineté, appelant les parties régionales
et internationales à soutenir les initiatives de paix
dans ce pays.
Ils
ont souligné la volonté politique des Etats
arabes dapporter le soutien nécessaire à
limpulsion de ce processus, exhortant les pays membres
et les fonds arabes de financement à apporter leur
contribution en vue de le consolider.
Les
dirigeants arabes ont, également, insisté sur
lunité et la souveraineté de la République
de Somalie, appelant à sinvestir davantage en
vue de parvenir à un règlement politique de
la crise qui préserve lunité du pays et
permette dentamer la reconstruction de la Somalie.
Ils
ont, par ailleurs, exprimé leur attachement à
lunité nationale de la République de lunion
des îles Comores, à son intégrité
territoriale et à sa souveraineté, appelant
les pays membres, les institutions et les fonds arabes de
financement et dinvestissement à continuer de
soutenir ce pays.
Dautre
part, les dirigeants arabes ont appelé à adopter
linitiative arabe présentée devant le
Conseil de sécurité en décembre 2003
et visant à débarrasser la région du
Moyen-Orient des armes de destruction massive, dont en premier
lieu les armes nucléaires, affirmant que le maintien
de la paix et de la sécurité dans la région
est tributaire de ladhésion dIsraël
au traité sur la non-prolifération des armes
nucléaires et du contrôle de toutes les installations
nucléaires par lAgence internationale de lénergie
atomique (Aiea). Ils considèrent quil sagit
là dune condition fondamentale pour linstauration,
à lavenir, dune paix régionale.
Les
dirigeants arabes réitèrent dans leur déclaration
leur ferme condamnation du terrorisme sous toutes ses formes,
se déclarant entièrement disposés à
coopérer et à contribuer à tous les efforts
visant à lutter contre ce phénomène sous
les auspices des Nations unies. Ils ont appelé à
la nécessité de convoquer une conférence
internationale pour débattre de ce dossier et pour
en définir les concepts de manière précise.
Ils
ont souligné la nécessité déviter
lamalgame entre le terrorisme qui est condamnable et
le droit légitime des peuples à lutter contre
loccupation étrangère, à le rejeter
et à se défendre conformément aux principes
de la légalité internationale et aux résolutions
onusiennes pertinentes.
Les
chefs dEtat arabes ont, par ailleurs, salué les
efforts déployés par le secrétariat général
de la Ligue arabe en vue de promouvoir les relations de dialogue
et de coopération entre les Etats et les organisations
internationales et régionales.
Ils
ont, dautre part, réaffirmé la détermination
à accroître le volume des échanges commerciaux
entre les pays arabes et à surmonter tous les obstacles
entravant ces échanges, mettant laccent sur limportance
de la participation positive du secteur privé arabe
dans la dynamisation de la grande zone arabe de libre-échange.
Les
dirigeants arabes ont réitéré leur appui
à léconomie palestinienne en vue dassurer
la reconstruction de son infrastructure, de consolider la
résistance du peuple palestinien et de raffermir ses
relations économiques avec son environnement arabe.
La
déclaration finale a appelé les pays arabes
à poursuivre la préparation de la seconde phase
du Sommet mondial sur la société de linformation
que se tiendra à Tunis du 16 au 18 novembre 2005, et
à assurer une participation, au plus haut niveau, à
ce sommet.
Concernant
la situation financière du secrétariat général
de la Ligue arabe et les difficultés quelle rencontre
dans la mise en application des résolutions, les dirigeants
arabes ont été unanimes à souligner la
nécessité pour tous les pays membres dhonorer
leurs engagements financiers dans les délais impartis.
En
conclusion, les dirigeants arabes ont fait part de leur satisfaction
quant à la tenue, en mars 2005 à Alger, de la
17e session ordinaire du Sommet arabe.
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